La Poutine : plat national du Canada ?

Poutine

Oh, le gros stéréotype ! Représenter un Québécois avec une poutine, c’est comme représenter un Français avec un litron de rouge et une baguette sous le bras. C’est un cliché. Ça énerve.

Logique, donc, que les Québécois soient blasés quand paraît dans la presse étrangère un article sur la poutine. Dernier exemple en date, un article paru dans le New Yorker (malheureusement non disponible en ligne, extrait ici).

Pour une fois, sur ce sujet usé jusqu’à la corde, l’article contient une idée originale. Calvin Trillin y suggère que la poutine est peut-être en train de devenir le plat national du Canada, un pays fier de son multiculturalisme. Une des explications plausibles, selon Trillin, est que la poutine est une recette si simple qu’on peut la personnaliser facilement pour refléter les goûts de toutes les cultures.

« [...] Adam Leith Gollner, who has done some writing about poutine in Montreal, pointed out that Poutine Galvaude [dans laquelle, selon les recettes, du poulet et des petits pois sont ajoutés ou remplacent le fromage] shows the culinary influence of Quebec Anglophones – cousins of people accustomed to menu items like Mushy Peas. It occured to me the Poutine Italienne [dans laquelle la sauce brune est remplacée par de la sauce à spaghetti] can be seen as a tribute to Montreal’s substantial Italian population. [...] It wouldn’t surprise me to see Asian poutine in British Columbia and maybe even Ukrainian poutine in patches of what Canadians call the Prairies. »

Pour ceux qui l’ignoreraient, la poutine est un mélange de frites et de grains de fromage qui font skouic! quand on croque dedans, le tout noyé dans une sauce brune. C’est ultra-gras et ultra-salé. Souvent après une poutine, on a mal au coeur, on se sent lourd et gras. On se demande pourquoi on a infligé à notre corps une telle agression.

L’équivalent français de la poutine, ce serait le gros kébab-frites de fin de soirée (sauce blanche ou harissa ou les deux), quand on crève de faim d’avoir trop bu et que tout est fermé. La poutine, comme le kébab, est de la nourriture qu’on croirait conçue pour combler les estomacs d’ivrognes.

Ayant goûté aux deux, je peux vous le dire : la poutine est bien plus hardcore.

Calvin Trillin écrit à ce propos:

« It is widely assumed that someone seen digging into a poutine has not come to the table directly from the gym : poutine has a strong association with late-night eating by young people who have had a lot to drink – either because it acts as what I’ve heard referred to as « a beer sponge » or because they’re too drunk to know any better ».

(Photo wallyg sur Flickr)

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2 réponses à La Poutine : plat national du Canada ?

  1. Aude dit :

    Les mes bourrés de Oxford (bon, ok, les filles aussi!!) ont le Chicken, Chips & Cheese, sorte de bouillie informe recouverte de sauce mayonnaise rosée (!) et de poulet Tikka Massala (!!). C’est clairement aussi gras, mais tellement moins bon! :)

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