Le post infini #8 – Neil Gaiman – Violent Cases

Un homme se souvient de son enfance à Portsmouth en Angleterre. Il se rappelle le jour où, quand il avait quatre ans et demi, son père a voulu lui faire monter les escaliers alors qu’il voulait les descendre. Chacun a tiré de son côté et le bras de l’enfant s’est démis. On l’a donc emmené voir un ostéopathe, mais pas n’importe lequel : cet ostéopathe était celui d‘Al Capone. Voilà le point de départ de Violent Cases, un roman graphique signé Neil Gaiman (textes) et Dave McKean (illustrations), une BD sur laquelle plane le spectre de Capone, roi de la prohibition et prince des fêtes clandestines, à la fois gangster, gentleman et dangereux psychopathe.

À la sortie de l’album en 1987, les deux auteurs étaient de parfaits inconnus. Aujourd’hui, Gaiman est une sorte de star du rock dans le monde des littératures de l’imaginaire; un monde où sa veste de cuir noir est aussi emblématique que le chapeau d’Indiana Jones. Il est l’auteur de la série Sandman (dont Dave McKean a dessiné les couvertures) et de nombreux livres à succès : American Gods, Coraline, Neverwhere… Quant à McKean, on lui doit entre autres le roman graphique Cages et le film MirrorMask.

Violent Cases est sorti à une époque de grand changement pour les comics américains. 1986 et 1987 furent les années où les comics finirent leur puberté et devinrent officiellement adultes. Avec la parution de MAUS ou de Watchmen, les comics prouvèrent qu’ils n’étaient plus réservés aux ados, et qu’il y avait un marché pour des comics aux thèmes plus noirs et plus durs, des comics destinés en priorité aux adultes.

Avec Violent Cases, Gaiman et McKean s’engouffraient dans cette brèche et lançaient leur carrière. Les illustrations sont superbes et le récit, même s’il n’est pas le meilleur de Neil Gaiman, contient déjà les ingrédients qui feront son succès futur : une histoire mystérieuse sur un lit d’humour (noir)  servie avec une pincée de macabre.

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