Deux des membres du groupe anglais Supergrass se sont adjoints les services de Nigel Godrich, producteur de Radiohead et de Beck (parmi tant d’autres), pour réaliser un album sous le nom de The Hot Rats.
Si le nom du groupe est un hommage à Frank Zappa, le disque, intitulé Turn Ons, est un album de reprises directement inspiré de Pin ups de David Bowie.
Les Hot Rats s’attaquent à de grands classiques du rock et de la pop : Drive my car des Beatles, Bike de Pink Floyd, Lovecats de The Cure… et malheureusement n’apportent rien de nouveau. On a l’impression d’entendre un de ces groupes qui se contentent de jouer des reprises pour satisfaire les clients bourrés d’un bar crade, parce qu’ils se sont fait huer à chaque fois qu’ils ont tenté d’interpréter une de leurs propres compos.
Ce n’est pas tant que les reprises soient mauvaises… On se demande juste où est l’intérêt pour l’auditeur quand le groupe reprend des chansons presque à l’identique, avec pour seule différence notable un son de guitare plus lourd, rappelant celui de Jack White des White Stripes.
Prise de risque minimale
Le groupe ne prend quasiment aucun risque, se limitant à jouer un peu plus vite et un peu plus fort des chansons qui auraient mérité un autre sort : Love is the drug (Roxy Music), Pump it up (Elvis Costello), Damaged Goods (Gang of four) et la grande majorité des pièces de l’album rentrent dans cette catégorie.
Quelques-unes sortent tout de même du lot. La reprise d‘I can’t stand it du Velvet Underground, si elle n’a rien de radical, a au moins le mérite d’être efficace et de remettre au goût du jour une chanson peu connue du répertoire du Velvet.
Mais – oh surprise ! – c’est quand ils se mettent en danger que les Hot Rats livrent leur meilleur matériel. Leur version de The Crystal Ship vaut qu’on y jette une oreille, ne serait-ce que pour la distorsion monumentale et psychédélique qui la traverse. Cette version est beaucoup plus violente que l’originale, douce et poétique, signée The Doors.
Quant à leur reprise de (You gotta) Fight for your right (To party!) des Beastie Boys, c’est de loin la plus ambitieuse et la plus intéressante. Transformer cet hymne hip-hop en un rock mené par une voix de fausset, il fallait oser. Le résultat en images, chez David Letterman.
Écoutez l’album des Hot Rats en streaming ici
