Vous l’entendez et le lisez partout, nous vivons à une époque rongée par le problème de la surabondance d’informations.
Internet, à grand coups de blogs, de Facebook, de Twitter, de MySpace et consorts, nous noie dans une mer d’infos d’où il devient difficile de séparer le bon grain de l’ivraie.
Cette peur de se perdre dans un océan d’informations n’est pas nouvelle, explique le neuropsychologue Vaughan Bell dans un texte pour Slate.
« Les inquiétudes concernant la surabondance d’informations sont aussi vieilles que l’information elle-même », note-t-il, en donnant l’exemple du scientifique suisse Conrad Gessner. Celui-ci a écrit un livre qui fait référence, dans lequel il note que la surabondance est à la fois « déroutante et dangereuse » pour l’esprit. Mais le trop-plein d’infos que craignait Gessner, c’était celui créé par l’imprimerie. Conrad Gessner est mort en 1565.
En fait, explique Bell, la crainte actuelle de la surabondance d’infos n’est rien de plus qu’une répétition de ce qui s’est maintes et maintes fois passé au cours de l’histoire, quand de nouvelles technologies de communication ont été lancées.
« Les plus âgés mettent les autres en garde contre une nouvelle technologie et déplorent le fait que la société abandonne le média « sain » avec lequel ils ont grandi, apparemment sans se rendre compte que cette même technologie était considérée dangereuse quand elle a été mis en place. »
Plus on avance en âge, plus on est craintifs:
« L’écrivain Douglas Adams a observé que la technologie qui existait quand nous sommes nés nous paraît normale, que ce qui est développé avant que nous ayons 35 ans est excitant, et que tout ce qui vient après est vu avec suspicion ».
Internet : un danger pour notre santé mentale ?
Pire, Internet porterait atteinte à notre santé mentale et à nos interactions sociales. Des articles ont suggéré que Google diminuait notre capacité d’attention, que les nouvelles technologies avaient un impact négatif sur notre capacité à ressentir de l’empathie, que « Twitter et Facebook pourraient nuire aux valeurs morales »…
« Tous ces articles, écrit Vaughan Bell, ont un point commun – ils ne mentionnent pas une seule étude qui traite de l’impact des nouvelles technologies sur le cerveau et sur l’esprit. »
« [Ces articles] racontent des anecdotes sur des gens qui croient qu’ils ne peuvent plus se concentrer, rapportent les propos de scientifiques qui font des recherches périphériques, et c’est tout. Imaginez si on parlait de la situation en Afghanistan de la même façon. On pourrait écrire 4000 mots pour un média sans jamais mentionner un fait pertinent sur la guerre. Au contraire, notre thèse serait basée sur les opinions de nos amis et du type en bas de la rue qui travaille dans un restaurant qui fait des kébabs. Et il vient de Turquie, mais c’est la même chose, non ? »
Bell explique que des études sur le sujet existent et qu’il n’y a aucune preuve concluante qu’Internet soit la cause de problèmes mentaux. Au contraire:
» [...] les données montrent que les gens qui utilisent les réseaux sociaux ont généralement de meilleures vies sociales offline, et ceux qui jouent à des jeux vidéos sont meilleurs que les non-joueurs pour absorber de l’information [...]«
Par contre, des données recueillies sur de nombreuses années ont montré que trop regarder la télévision a un effet négatif sur la santé et la capacité de concentration.
Et ça, on en parle pas, parce que la télévision est une vieille technologie, qui ne fait plus peur. Quant aux études qui montrent les aspects bénéfiques de l’Internet sur la santé : « la preuve que quelque chose est sans danger n’est tout simplement pas sa place dans un agenda médiatique sensationnaliste (shock-horror dans le texte original). »
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