Raymond a peut-être la rage

Raymond a peut-être la rage est le titre du dernier court métrage de Ramiro Bélanger, cinéaste de Québec, qui a déjà plusieurs courts à son actif et une jolie carrière en effets spéciaux, puisqu’il a travaillé entre autres sur 300 et Sin City (à mon avis une des plus grosses claques visuelles de ces dernières années).

On retrouve d’ailleurs un peu de l’esthétique de Sin City dans Raymond a peut-être la rage. Comme le polar signé Rodriguez et Miller, Raymond est tourné en noir et blanc, et l’atmosphère du film est pesante et bizarroïde. La comparaison s’arrête toutefois là. Dans Raymond, pas de poursuite en voiture, ni de scènes de meurtres, pas de voix off et d’effets comic books. Mais Raymond n’en a pas besoin. C’est un court qui joue principalement sur l’ambiance et se base sur un scénario qui laisse beaucoup de place au non-dit.

Autres influences dans Raymond, David Lynch période Blue Velvet et Quentin Tarantino, pour le personnage d’Arold qui pourrait être le cousin de Bud dans Kill Bill, pour la typo des sous-titres et leur couleur (un jaune bien « Tarantinesque »), pour l’humour…

L’histoire ?

Arold, un homme sans morale essaie de profiter de son frère – un déficient mental accro au Coca-Cola – qui a un talent tout particulier pour le dessin, particulièrement les dessins pornographiques. Arold tente de les refourguer à droite à gauche pour se faire un peu d’argent, et se fait rembarrer de partout, jusqu’à qu’une certaine Claude se montre intéressée…

Les plans de caméras sont superbes, en particulier ceux qui sont tournés dans l’appartement de Claude. La scène où les personnages boivent de la Tequila, peut-être aidée par le chapeau de cowboy  d’Arold, prend même des airs de duel dans le Far West ou de partie de poker dans un saloon.

Le court se divise en deux parties très nettes – avant et après le coup de téléphone à Claude – et la seconde est la meilleure. Alors que la première partie s’étire un peu en longueur, la seconde voit Bélanger véritablement se lâcher, et ça lui réussit. J’espère qu’il le fera tout le long de Destructo, le long métrage qu’il prépare actuellement.

D’ici là, je vous laisse avec la bande annonce de Raymond a peut-être la rage, un court qui sera bientôt à l’affiche au Short Film Corner du Festival de Cannes.

Raymond May Have Rabies short film TRAILER from Ramiro Bélanger on Vimeo.

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