I'm Comic Sans, Asshole

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Comic Sans, la police de caractères la plus affreusement kitsch de l’histoire de l’humanité, en a assez de se faire prendre de haut par des hipsters qui ne jurent que par Helvetica.

Extrait de sa lettre d’insultes:

You don’t like that your coworker used me on that note about stealing her yogurt from the break room fridge? You don’t like that I’m all over your sister-in-law’s blog? You don’t like that I’m on the sign for that new Thai place? You think I’m pedestrian and tacky? Guess the fuck what, Picasso. We don’t all have seventy-three weights of stick-up-my-ass Helvetica sitting on our seventeen-inch MacBook Pros. Sorry the entire world can’t all be done in stark Eurotrash Swiss type. Sorry some people like to have fun. Sorry I’m standing in the way of your minimalist Bauhaus-esque fascist snoozefest. Maybe sometime you should take off your black turtleneck, stop compulsively adjusting your Tumblr theme, and lighten the fuck up for once.

Le reste sur le toujours excellent McSweeney’s

La lettre de refus adressée à Anne Frank

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Et si le Journal d’Anne Frank n’avait jamais été publié ? Que se passerait-il si ce manuscrit était envoyé en 2010 à une maison d’édition dont les connaissances en histoire laissent lourdement à désirer ?

C’est ce qu’imaginent Teddy Wayne et Mike Sacks dans leur texte “The rejection of Anne Frank “ paru dans le magazine McSweeney’s de Dave Eggers. Dans ce texte, ils ne se contentent pas de refuser de publier le Journal parce que, je cite: “we receive so many Holocaust teenage diaries composed in European attics that it is impossible to accept each one”, ils proposent également des moyens d’améliorer le manuscrit pour le rendre plus accessible au public d’aujourd’hui.

First, though we live in a crass age of reality television exhibitionism and Facebook narcissism, a memoir from a 15-year-old girl is a bit much. Until some time has elapsed, it’s very difficult to gain perspective on those trying teenage years. More important, do a young girl’s problems really matter all that much in the grand scheme of things? Consider waiting a bit, perhaps after taking some creative nonfiction courses in college, before tackling this potentially sentimental material.

Ils lui conseillent aussi, entre autres, de parler plus de drogue (elle vit à Amsterdam après tout) et de trouver des ennemis plus réalistes que les Nazis (trop caricaturaux). La lettre complète est à lire ici, pour les amateurs d’humour noir.

Les méta-récompenses

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Voilà un moyen de dynamiter toutes ces cérémonies de remises de prix qui tirent en longueur : des méta-récompenses.

Le magazine McSweeney propose une liste de méta-récompenses, des prix qui viendraient couronner ce qu’il se passe pendant la cérémonie. Parmi les catégories, on retrouve :

Meilleur discours à la remise de ce prix

Personne qui mérite le plus de gagner ce prix considérant le nombre de fois où elle n’a pas gagné ce prix

Meilleur discours qui doit être interrompu par l’Orchestre parce qu’il est beaucoup trop long et bafouillé

Meilleure humilité feinte à la remise de ce prix

Meilleure tentative de quitter la scène du mauvais côté après avoir reçu le prix…

La liste complète ici.

(Via)

Jésus ne veut pas qu’on fête son anniversaire cette année

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Dixit la revue McSweeney de Dave Eggers (voir également ce post) :

« Seriously, guys, no party this year. I know you’ve all been looking forward to it, but I really just don’t want to celebrate this one. It’s a little trite and, frankly, over the top. Take a look at past celebrations; I feel overindulgent. Just not my style. [...]
And no gifts. I always end up with shit I don’t want. Like frankincense. And myrrh. I ask for the receipt and then suddenly I’m the bad guy. Like it matters, anyway—what am I supposed to do with store credit at the Spice Emporium? Don’t be like that. I’m not ungrateful. I appreciate the gesture; I just don’t need it, all right? Save your money. »

 

Dave Eggers est un type sympa (1/2)

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Eggers

Comment appelle-t-on quelqu’un qui écrit ses mémoires alors qu’il n’a pas encore trente ans et qui leur donne un titre comme Une oeuvre déchirante d’un génie renversant ? Un connard égocentrique? Dave Eggers, l’auteur des mémoires en question, est loin d’être un connard égocentrique. C’est même un type éminemment sympathique.

Dave Eggers
est un écrivain américain, auteur d’une dizaine de romans et de livres documentaires. Récemment, il a co-signé le script de Where the Wild Things Are, tourné par Spike Jonze.

Dave Eggers, c’est aussi McSweeney, sa maison d’édition/revue littéraire/site Internet.  La revue littéraire publiée par McSweeney, Timothy McSweeney’s Quarterly Concern, fait figure d’OVNI dans le monde de l’édition : chaque numéro est consacré à un thème particulier. Le numéro d’automne de cette année par exemple, intitulé 2024 AD, ne réunit que des histoires dont l’action est placée en 2024.  Chaque numéro est présenté dans un format différent (boîte à cigare; collection de lettres; ensemble de neuf livres reliés par un élastique…)

Eggers est également le créateur d’un établissement de soutien scolaire d’un genre très particulier : le 826 Valencia, à San Francisco. Au 826 Valencia, les jeunes de 6 à 18 ans peuvent gratuitement venir perfectionner leurs techniques d’écriture dans un environnement unique : le centre est situé à l’arrière d’une boutique de pirates.

Pour la petite histoire, Eggers avait d’abord pour projet de partager le 826 Valencia en deux : une partie serait le QG de McSweeney et l’autre serait l’établissement de soutien scolaire. Mais le propriétaire du 826 l’a informé que l’endroit était sous un bail commercial : il se devait donc de proposer des produits à la vente. Le 826 avait des airs de cabine de bateau et quelqu’un, à la blague, a dit “on devrait en faire une boutique pour pirate moderne !” L’idée est restée. Le 826 propose donc des jambes de bois, des cache-oeil (noirs pour tous les jours, de couleur pour les occasions particulières), des fruits (contre le scorbut)… tout l’attirail du parfait petit Jack Sparrow.

D’autres établissements se sont créés sur le modèle du 826 Valencia aux États-Unis, et la différence majeure entre tous les centres 826 de ces différentes villes, c’est le thème choisi pour la boutique ! Le magasin de pirates laisse sa place à Brooklyn à un magasin d’articles à l’usage des super héros (on accède à la salle de soutien scolaire par un passage secret); à Los Angeles, c’est un supermarché pour les voyageurs spatio-temporels…

À voir, cette vidéo du TEDDave Eggers explique, avec beaucoup d’humour, la genèse du 826 Valencia.

(photo Flickr / à noter que Dave Eggers se trouve dans cette photo dans la librairie City Lights à San Francisco – la librairie où est né le mouvement beat)